Mai. C’est le mois de la naissance de la construction européenne et celui d’une révolution moderne dont on fête cette année le jublié. Deux mouvements fondés sur la liberté de croire qu’un changement était possible, sur la liberté de penser qu’un ancien monde touchait à sa fin, sur la liberté d’exprimer ses aspirations nouvelles, sur la liberté tout court.
Mai. C’est aussi le mois de la liberté de la presse, consacrée le 3 mai. Le Club de la presse s’en fait écho et inaugure un memory wall à la mémoire de deux journalistes européens assassinés ces dernières semaines, Daphné Caruana Galizia à Malte et Jan Kuciak en Slovaquie. Cela se passe à nos portes sur des terrains frontaliers, pointés du doigt dans le dernier classement mondial de Reporters sans frontières de la liberté de la presse. L’organisation y constate « un reflux historique de la liberté de la presse dans l’espace post-soviétique et en Turquie ». Là même où le journaliste français Loup Bureau a été emprisonné 51 jours en 2017.
Mai. Mois de la liberté. N’oublions pas ceux qui en sont privés dans l’exercice de leur fonction et ceux pour qui sa manifestation est menacée, à l’image du dernier quotidien indépendant cambodgien Phnom Penh Post, racheté en début de mois par un homme d’affaires malaisien proche du pouvoir autoritaire en place depuis vingt ans au Cambodge.
Mai. Faut-il vraiment attendre un mois consacré pour penser aux confrères menacés et défendre cette liberté d’expression ?
Lucie Dupin
Journaliste

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